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mars
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Chaque mois, ou 2 fois par mois, le cycle « Au cœur de la recherche » organisé par l'INSA Strasbourg, ouvre les portes de ses plateformes et de ses laboratoires pour plonger au cœur de la science. Le 18 mars, ce sont 25 participants qui se sont retrouvés sur la plateforme Mécanique pour une immersion au croisement de la robotique et de la médecine. À cette occasion, Pierre Renaud et Timothée Portha ont présenté les recherches menées au sein du laboratoire ICube, en lien étroit avec l’IHU Strasbourg, illustrant l’expertise de l’INSA dans la conception de dispositifs médicaux innovants, au plus près des besoins des praticiens.

L’INSA Strasbourg innove en robotique médicale

Imaginez un robot capable d’évoluer à l’intérieur d’un environnement aussi contraignant qu’une IRM, pour aider les médecins à traiter des tumeurs avec une précision millimétrique.

Ce futur est déjà en train de s’écrire à l’INSA Strasbourg. Lors de la dernière rencontre Au cœur de la recherche, une vingtaine de participants ont plongé dans un domaine en pleine émergence : la robotique au service de la médecine.

T Portha

Une recherche au plus près des médecins

La première partie de la rencontre, introduite par Pierre Renaud, a posé le cadre : celui d’une recherche profondément ancrée dans le réel, menée au sein du laboratoire ICube, en lien direct avec les équipes médicales de l’IHU Strasbourg, situées à l’Hôpital Civil.

« Le plus simple pour assister les médecins, c’est d’être à leurs côtés. Nos robots sont conçus pour s’intégrer directement dans les blocs opératoires, en collaboration étroite avec les praticiens de l’IHU Strasbourg. » — Pierre Renaud.

L’enjeu est clair : concevoir des dispositifs capables d’assister les médecins dans des environnements complexes, comme l’IRM, où l’accès au patient est limité mais où l’imagerie en temps réel offre une précision exceptionnelle.

Ces technologies s’inscrivent dans le champ de la thérapie guidée par l’image :
voir en temps réel à l’intérieur du corps, guider un geste, traiter une tumeur avec une précision de l’ordre du millimètre.

Pour y parvenir, les chercheurs développent des solutions sur mesure : matériaux souples, actionneurs innovants, systèmes robotisés compatibles avec les contraintes extrêmes de l’IRM.

Un point clé de cette réussite : les plateformes, notamment la plateforme mécanique de l’INSA Strasbourg et la plateforme IRIS du laboratoire ICube, qui permettent de concevoir, fabriquer et tester ces dispositifs en interne.

Un robot inspiré… d’une chenille

La seconde partie de la rencontre a mis en lumière les travaux de thèse de Timothée Portha, consacrés à la robotisation des thérapies par ultrasons (HIFU) sous IRM.

Le constat de départ est simple : aujourd’hui, certaines interventions sont longues, complexes, et nécessitent de repositionner manuellement les instruments à de nombreuses reprises.

L’idée ? Automatiser ces gestes pour gagner en précision… et en efficacité.

Pour cela, Timothée a développé un actionneur inédit, inspiré du mouvement d’une chenille.
Le principe de déplacement en lui-même n’est pas nouveau — mais son adaptation à un dispositif médical compatible IRM, miniaturisé et contrôlé avec précision, constitue une véritable innovation développée au sein de cette équipe.

Concrètement, le système avance par une succession de phases de verrouillage et de déverrouillage, comme une chenille qui progresse pas à pas, segment par segment.

Ce robot présente des performances remarquables :

  • une précision inférieure au millimètre

  • une compatibilité totale avec l’IRM (sans perturber l’image)

  • la capacité de déplacer une sonde pour traiter des tumeurs par ablation thermique

L’objectif à terme : réduire la durée des interventions et améliorer la précision des traitements.

De la preuve de concept… aux applications médicales

Ces travaux s’inscrivent dans une démarche progressive :
concevoir, tester, valider — puis envisager le passage vers des applications cliniques.

Aujourd’hui, les recherches visent à aller plus loin, notamment en intégrant ces actionneurs dans des structures robotiques plus complexes, capables de se repositionner automatiquement.

Un public curieux, des enjeux très concrets

Les échanges avec les participants ont mis en évidence l’intérêt — mais aussi les questions que soulèvent ces innovations :

  • Ces technologies sont-elles brevetées ?

  • Comment passe-t-on d’un prototype à un dispositif médical utilisé en hôpital ?

  • Combien de temps faut-il pour transformer une idée en solution concrète ?

Les réponses ont rappelé une réalité souvent méconnue : entre la recherche et l’application clinique, plusieurs années sont nécessaires, impliquant validation expérimentale, essais et partenariats industriels.

Quand la mécanique devient un outil de soin

Cette rencontre illustre parfaitement une évolution majeure :
la mécanique et la robotique ne sont plus seulement des disciplines industrielles — elles deviennent des outils au service de la médecine.

À l’INSA Strasbourg, cette transformation prend forme au croisement de la recherche, de la formation et de l’innovation, avec une ambition claire : concevoir des technologies utiles, concrètes, et directement connectées aux besoins du terrain.

Et montrer que derrière chaque avancée technologique… il y a avant tout une équipe qui invente de nouvelles façons de soigner.

 

 

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