07
janvier
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Fraîchement diplômée en génie électrique à l’INSA Strasbourg, Inès Jorge entame une thèse sur la maintenance prédictive des batteries pour véhicules électriques, dans le cadre du projet Interreg VEHICLE. Un sujet actuel et innovant qui l’enthousiasme.

« Je n’avais jamais envisagé de faire une thèse, mais quand mes enseignants en génie électrique, M. Mesbahi et M. Samet, m’ont proposé le sujet, j’ai pensé que c’était une occasion en or. C’est un sujet d’actualité et innovant, qui concerne la mobilité électrique, l’intelligence artificielle, et très axé vers l’industrie ». La thèse, dirigée par Romuald Boné, s’inscrit dans les projets Interreg Vehicle et Halfback , portés par l’INSA Strasbourg. Le projet Vehicle consiste à mettre au point un nouveau dispositif de stockage de l’énergie, qui combine les batteries au lithium et les supercondensateurs. Ce système hybride permettra d’accroître les performances, l’autonomie des véhicules électriques et de réduire le coût, la masse et le volume des batteries.

Algorithmes d’apprentissage automatique

Inès Jorge sera chargée d’établir un modèle prédictif de la durée de vie des batteries, en utilisant des algorithmes d’apprentissage automatique. Il s’agit de maintenance prédictive, une des spécialités de recherche de l’INSA Strasbourg (équipe Sciences des données et connaissances du laboratoire Icube). Ce modèle prédictif servira à tester plusieurs scénarios pour optimiser la gestion de l’énergie dans le véhicule. Un premier travail consistera à collecter une grande masse de données de tests pour alimenter les algorithmes. La science ouverte sera d’une grande aide à la doctorante : elle a déjà repéré des jeux de données rendues accessibles suite à des publications scientifiques.

 

Des échanges avec des doctorants ont battu en brèche ses premières idées reçues concernant la thèse : non, ce n’est pas repousser son entrée dans la vie active de trois ans, ni trois ans de sacrifice, on ne reste pas seul avec son sujet, c’est au contraire très formateur et enrichissant, une occasion de s’autoformer et de se spécialiser dans un domaine. Elle est encadrée par ses ex-enseignants, M. Mesbahi et Samet, au sein d’une équipe comptant plusieurs doctorants et en interaction avec des équipes de recherche françaises, allemandes et anglaises, partenaires du projet (Hochschule de Trèves et Karlsruhe, Université de Nantes et de Sheffield Hallam, Centrale Lille).

 L’électronique pour la musique

Inès Jorge affectionne la technique, les manipulations, et voir le résultat de ce qu’elle fait. C’est pour cela qu’elle a choisi des études d’ingénieur, et le génie électrique a eu sa prédilection. Elle a un tempérament enthousiaste et « s’illumine » pour des sujets : l’électronique de puissance pour les réseaux électriques dans les pays en développement, puis l’électronique pour la musique. Contrebassiste depuis l’âge de 6 ans, la musique est importante pour elle. Elle a réalisé ses deux premiers stages dans un atelier de réparation d’instruments de musique, et son projet de fin d’études chez un fabricant d’enceintes haut de gamme. Elle était chargée d’étudier l’intégration de batteries pour une nouvelle gamme de produits nomades.

« J’aime programmer, c’est très valorisant »

C’est dans le parcours Usine du futur en 5e année, qu’elle a commencé à se spécialiser dans les batteries au lithium en les choisissant comme sujet de ses projets. C’est aussi là qu’elle s’est initiée aux sciences des données et à l’apprentissage automatique. « Je ne suis pas une geek, mais j’aime programmer, c’est très valorisant car c’est accessible à tous, les ressources sont en ligne. Je suis ravie de me spécialiser en intelligence artificielle pour ma thèse, je vais pouvoir approfondir et utiliser des outils très puissants » commente-t-elle. La thèse est aussi pour elle l’occasion de se frotter à l’enseignement, qui l’attire. « J’ai hâte. J’ai toujours aimé partager mes connaissances ».

Elle voit son avenir très ouvert : dans la recherche académique ou l’industrie, l’essentiel est la recherche de l’épanouissement. Elle se laisse porter par son enthousiasme et les opportunités. « Ça a toujours marché, c’est mon mode de fonctionnement » sourit-elle.

 texte : Stéphanie Robert
photos : Tim Harder

« Predictive pronostics for lithium-battery for electric vehicle applications », thèse d’Inès Jorge, dirigée par Romuald Boné, encadrée par Tedjani Mesbahi et Ahmed Samet.

D’un budget total de  997.224,00 €, VEHICLE  est cofinancé par le programme INTERREG V Rhin Supérieur à hauteur de 498.612,00 €, et par la Région Grand Est, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

Il est porté par l’INSA Strasbourg, en partenariat avec la Hochschule Karlsruhe et la Hochschule Trier, ainsi que l’Université de Nantes, Centrale Lille et Sheffield Hallam University. En partenariat avec les entreprises CCIAE, IEE S.A., et CVC Südwest.

Co-financé par la Région Grand Est, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

Participants de l’INSA Strasbourg : Tedjani Mesbahi, Damien Flieller, Sylvain Durand, Théophile Paul, Inès Jorge, Yasser Ghoulam, Tim Harder.

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